Lazare
Lazare franchit les portes du Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis pour rejoindre l’équipe des jeunes ouvreurs de salle. Depuis, il n’a plus quitté les plateaux, écrivant ses premières pièces et multipliant les rencontres avec des metteurs en scène tels que François Tanguy, Claude Régy ou Stanislas Nordey, qui l’invite en 2000 à rejoindre l’École du Théâtre National de Bretagne. Il est, entre 2016 et 2022, metteur en scène associé au TNS.
En 2007, il fonde sa compagnie Vita Nova et réunit autour de lui une constellation cosmopolite d’interprètes pluridisciplinaires, parmi lesquels l’actrice Anne Baudoux à qui il confie la gouvernance de la compagnie. Il se consacre alors à une première trilogie consacrée à l’histoire d’une famille entre la France et l’Algérie, développant un théâtre poétique et musical traversé par la mémoire refoulée et les zones d’ombre de l’histoire française. Passé – je ne sais où, qui revient (2009) évoque les manifestations de Guelma en Algérie en mai 1945, Au pied du mur sans porte (2011) suit la trajectoire d’un enfant dans une banlieue française, et Rabah Robert – Touche ailleurs que là où tu es né (2013) explore les traces d’un père de la conquête coloniale à la guerre d’Algérie.
En 2014, il s’éloigne de cette grande fresque épique pour créer, avec une circassienne et quelques interprètes, Petits contes d’amour et d’obscurité. À partir de 2016, il est artiste associé au Théâtre National de Strasbourg et au T2G – Théâtre de Gennevilliers, et engage une nouvelle série théâtrale, musicale et cinématographique avec Sombre rivière (2017), cabaret conçu comme une réponse aux idéologies mortifères dans le contexte post-attentats de Paris, puis Je m’appelle Ismaël (2019), pièce d’anticipation et manifeste de résistance par l’image poétique. Cœur instamment dénudé (2022) constitue une réécriture du mythe de Psyché sous forme de conte fantastique empruntant les codes de la comédie musicale.
Le chemin de son écriture passant d’abord par l’oralité, il développe depuis toujours une pratique du poème improvisé, seul ou accompagné de musiciens. Entre 2006 et 2010, il est régulièrement invité du festival La voix est libre au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris. Son duo avec le musicien Benjamin Colin, Les chambres de hasard, participe au projet franco-malien de la Fondation Royaumont Du griot au slameur avec Balaké Sissoko, ainsi qu’à Tumulus, chemin géopoétique, un voyage-rencontre en Europe de l’Est. C’est à cette occasion qu’il rencontre le chorégraphe Josef Nadj, qui l’invite à danser dans Cherry Brandy.
En 2017, il est invité avec la danseuse et chorégraphe Jann Gallois dans le cadre du Sujet à vif, programme de performance de la SACD et du Festival d’Avignon, où ils présentent L’Éclosion des gorilles au cœur d’artichaut. Le duo se retrouve ensuite pour Éros en confinement (2020), une série de performances autour du mythe de Psyché sur le parvis de l’Espace Cardin à Paris.
Parallèlement, Lazare mène une activité régulière de pédagogue et de transmission. Il encadre des ateliers de médiation artistique pour amateurs et inaugure en 2016 la Troupe Avenir au TNS à Strasbourg, une immersion dans le monde du théâtre pour vingt jeunes de 16 à 25 ans issus d’horizons sociaux et culturels variés. Dans une volonté de partage de sa pratique, il intervient également à l’École du TNS auprès des élèves acteurs, régisseurs et scénographes entre 2016 et 2020, ainsi qu’au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique en 2019. Sensible à la question de l’égalité des chances, il est membre du jury du concours d’entrée du CNSAD en 2020.
Ses publications comprennent notamment Passé – je ne sais où, qui revient (2009, Voix Navigables / ESSE QUE éditions 2022), Au pied du mur sans porte (2009, Voix Navigables / Les Solitaires intempestifs 2013), Rabah Robert – Touche ailleurs que là où tu es né (2013, Les Solitaires intempestifs), Petits contes d’amour et d’obscurité (2015, Les Solitaires intempestifs), Sombre rivière – Matériaux (texte et CD) (2018, Les Solitaires intempestifs), Cœur instamment dénudé (2023, Les Solitaires intempestifs), ainsi que Des jambes pour une sirène (2024, Les Solitaires intempestifs).